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Publicité pour l'alcool en ligne : ce que dénonce Addictions France et ce que risquent les annonceurs

Radio France rapporte qu'Addictions France dénonce la poursuite de la publicité en ligne par les marques d'alcool. Pour les annonceurs et leurs agences, le sujet se résume à une équation de coût : celui de la conformité, faible, contre celui d'une campagne retirée ou sanctionnée.

La dépêche de Radio France datée du 9 décembre 2025 relaie une alerte de l'association Addictions France, anciennement ANPAA, selon laquelle les marques d'alcool continuent de communiquer en ligne. Nous n'avons pas pu consulter le détail de l'enquête : le nombre de marques visées, les plateformes concernées et d'éventuels montants ne sont pas repris ici.

Le cadre est ancien et précis. La loi Evin de 1991 n'interdit pas la publicité pour l'alcool, mais la limite à une liste de supports et à un contenu objectif : degré, origine, composition, mode de consommation. Internet a été ajouté à cette liste en 2009, à l'exclusion des sites destinés à la jeunesse et de ceux des organisations sportives, et à l'exclusion des formats intrusifs ou interstitiels. Toute publicité doit comporter la mention sanitaire sur les dangers de l'abus d'alcool.

Le point de friction se situe sur les réseaux sociaux et l'influence. Un contenu de marque relayé par un créateur, mettant en scène convivialité ou réussite, dépasse le contenu objectif autorisé. La loi de juin 2023 encadrant l'influence commerciale a rappelé que ces contenus restent soumis aux mêmes règles. C'est probablement sur ce terrain que se concentre la critique de l'association, sans que nous puissions le confirmer.

Le coût du risque est mesurable. Le Code de la santé publique prévoit une amende pouvant atteindre 75 000 euros, ce maximum pouvant être porté à 50 % du montant des dépenses consacrées à l'opération illégale. À ce montant s'ajoutent le retrait de la campagne, la production perdue, les honoraires de défense et l'exposition médiatique qu'une association de prévention sait organiser.

Face à cela, la comparaison entre approches est nette. Une agence spécialisée dans les boissons alcoolisées intègre une validation juridique en amont de chaque création ; le coût de cette validation est marginal par rapport au budget média. Une équipe interne ou une agence généraliste sans cette compétence peut produire des contenus performants mais non conformes, dont la valeur tombe à zéro le jour où ils sont retirés. Sur le choix des canaux, le display et le search encadrés sont plus prévisibles que l'influence, où la maîtrise du message échappe en partie à l'annonceur.

Le retour sur investissement doit donc intégrer la conformité dans le coût d'acquisition, au même titre que le coût média ou la production. Un contenu conforme mais moins viral rapporte davantage sur la durée qu'une campagne spectaculaire retirée après signalement.

L'alerte d'Addictions France sert de rappel aux annonceurs : le numérique n'est pas une zone hors loi Evin. Pour les agences, savoir travailler dans ce cadre est un argument commercial mesurable, pas une contrainte.

Questions fréquentes

La publicité pour l'alcool est-elle interdite sur internet ?

Non. Elle est autorisée depuis 2009 sur les sites qui ne sont pas destinés à la jeunesse ni aux organisations sportives, hors formats intrusifs, avec un contenu limité à des mentions objectives et la mention sanitaire.

Quelle sanction en cas de publicité illicite pour l'alcool ?

Le Code de la santé publique prévoit jusqu'à 75 000 euros d'amende, ce maximum pouvant être porté à 50 % des dépenses consacrées à l'opération illégale.

Les influenceurs sont-ils concernés par la loi Evin ?

Oui. La loi de juin 2023 sur l'influence commerciale rappelle que les contenus sponsorisés restent soumis aux règles applicables à la publicité pour l'alcool.

Sources

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