· 3 min de lecture

Investir au-delà du ROI immédiat : ce que coûte vraiment le tout-performance aux marques

Une tribune publiée par la responsable SEA/Média de l'agence CyberCité soutient que piloter tous les budgets au coût par acquisition finit par coûter plus cher : audiences saturées, CPA en hausse, campagnes coupées avant la fin de leur phase d'apprentissage. Le remède proposé n'est pas d'abandonner la mesure, mais d'accepter plusieurs horizons de temps et d'outiller la mesure de la notoriété.

Le point de départ de la tribune est un paradoxe : les annonceurs n'ont jamais disposé d'autant de données, et pourtant la différenciation recule et la pression sur les prix ne faiblit pas. L'auteure rappelle que la logique de performance mesurable, héritée du e-commerce, a provoqué un basculement massif des investissements vers le digital, chiffré à +47 % entre 2019 et 2023 en citant l'Union des Marques et Kantar. Ce transfert s'explique moins par une efficacité supérieure que par une meilleure quantifiabilité.

Le coût caché de ce modèle apparaît quand il devient l'unique grille de lecture. Des campagnes de notoriété sont arrêtées faute de conversions immédiates, et les phases d'apprentissage algorithmiques sont interrompues avant que les plateformes aient pu tester audiences, messages et créations. Du point de vue budgétaire, chaque redémarrage repaie une partie de cet apprentissage : l'argent économisé sur le papier est en réalité dépensé deux fois.

Le second mécanisme décrit est le plafond de verre de la performance. En concentrant les budgets sur l'activation, une marque touche de façon récurrente les mêmes audiences ; les volumes stagnent tandis que le coût d'acquisition monte progressivement. Sans travail de considération en amont, la base de prospects adressables ne s'élargit pas et la croissance finit par se payer au prix fort sur les enchères.

La tribune ne se contente pas de plaider pour le branding, elle propose des protocoles de mesure. Premier levier : comparer des zones ou des périodes exposées à une campagne de notoriété avec des zones témoins, puis observer l'évolution des leviers de performance. Deuxième levier : suivre les campagnes mid et bas de funnel après l'arrêt d'une vague de notoriété. Le benchmark interne de CyberCité fixe un seuil : une baisse de plus de 40 % dans le mois qui suit signale un déficit de notoriété et donc un besoin de maintien de l'investissement.

Deux outils cités sont gratuits ou quasi gratuits, ce qui change l'équation de coût de la mesure. Les Brand Lift Surveys proposés par plusieurs régies sont offerts sous réserve d'un investissement média minimal, et la Google Search Console permet de suivre les impressions et les clics sur les requêtes de marque avant, pendant et après une campagne. Un annonceur n'a donc pas besoin d'un budget d'étude séparé pour objectiver l'effet d'une prise de parole.

Sur la production créative, l'analyse rejoint une question de make or buy. Les plateformes réclament des volumes d'assets que les équipes internes peinent à fournir, et l'auteure indique que CyberCité a formé des profils dédiés à la création d'assets par IA générative. Pour un annonceur, l'arbitrage se pose entre recruter cette compétence, l'acheter à un freelance ou l'intégrer à un contrat d'agence média : le coût unitaire de la variation créative devient un paramètre de performance au même titre que le CPC.

Il faut lire ce texte pour ce qu'il est : une tribune signée par une agence, dont l'intérêt commercial est de vendre de l'accompagnement au-delà de l'exécution. Le raisonnement reste toutefois cohérent avec ce que l'on observe sur les comptes saturés, et il fournit des tests peu coûteux à répliquer. Pour comparer des prestataires, la question utile n'est plus « quel CPA garantissez-vous », mais « comment mesurez-vous ce que la notoriété apporte à la performance, et à quel horizon ».

Questions fréquentes

Comment mesurer l'effet d'une campagne de notoriété sans budget d'étude ?

La tribune cite deux méthodes accessibles : les Brand Lift Surveys offerts par les régies sous condition d'investissement minimal, et le suivi des requêtes de marque dans la Google Search Console.

Quel signal indique un sous-investissement en notoriété ?

Selon le benchmark CyberCité cité dans l'article, une chute de plus de 40 % des performances des campagnes bas de funnel dans le mois qui suit l'arrêt du branding.

Faut-il arrêter de piloter au CPA ?

Non. L'auteure recommande de conserver ce pilotage pour l'activation, mais de réserver une part du budget jugée sur d'autres horizons et d'autres indicateurs.

Sources

Besoin d'aide pour choisir ? Recevez une sélection personnalisée.Demander des devis

← Toute la veille