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IA et marketing digital : ce que l'offre de Biggie révèle du nouveau modèle économique des agences

Biggie Switzerland a organisé son offre en cinq briques centrées sur l'IA, de l'audit de visibilité dans les modèles de langage à l'automatisation des flux de travail. Pour un annonceur, la question n'est plus seulement le coût du média mais le prix d'une présence dans des réponses générées qui ne produisent pas toujours de clic.

Cominmag relaie, le 19 juin 2025, la nouvelle gamme de solutions de l'agence Biggie. Le point de départ est un constat de marché : selon les analyses citées par le média, les résultats générés par l'IA peuvent réduire le trafic web jusqu'à 66 %, les annonces payantes se retrouvant reléguées en seconde position derrière la réponse générée. Ce chiffre n'est pas rattaché à une étude nommée dans la dépêche ; il faut le lire comme une borne haute observée sur certains sites, pas comme une moyenne applicable à tous les secteurs.

L'offre se décompose en cinq briques. L'AI Search Audit mesure l'empreinte d'une marque et de ses concurrents dans les principaux LLM à partir de prompts prédéfinis, avec un benchmark et des recommandations. Les campagnes IA exploitent les formats automatisés des plateformes (Advantage+, Performance Max, DemandGen, AI Max sur Google Search, Performance+ et Brand+ sur Bing et LinkedIn). S'y ajoutent la création d'agents IA branchés sur les données de l'entreprise, une infrastructure IA permettant d'utiliser n'importe quel LLM sous le nom de domaine du client avec une facturation à l'usage, et l'automatisation de workflows entre agents.

Sur le plan économique, ce catalogue déplace le modèle de rémunération. L'achat média classique se facture en pourcentage du budget ou en honoraires mensuels ; la construction d'agents et d'infrastructure relève d'un projet avec une phase de build puis un coût de run. Le directeur AI et Digital Media DACH et CZ de Biggie Switzerland, Zbynek Zapletal, résume le glissement en expliquant que l'agence est passée du statut d'acheteur de médias à celui de constructeur d'agents IA, agnostiques vis-à-vis des modèles.

Pour l'annonceur, la comparaison agence contre interne se pose brique par brique. L'audit de visibilité IA peut être reproduit en interne avec un jeu de prompts et un tableur, mais la valeur vient de la régularité de la mesure et de la comparaison concurrentielle, ce qui suppose du temps humain récurrent. L'infrastructure IA facturée à l'usage promet une réduction de coûts par rapport aux licences standard, mais elle crée une dépendance technique envers l'agence qui l'opère.

Le point le plus délicat concerne la mesure du retour sur investissement. Si le succès ne se mesure plus uniquement aux clics, comme l'affirme Biggie, il faut des indicateurs de substitution : part de citation dans les réponses générées, mentions de marque, évolution du trafic de marque et des conversions assistées. La dépêche ne donne ni tarif ni cas client chiffré, ce qui empêche de calculer un coût par point de visibilité ou par lead.

Avant de contractualiser ce type d'offre, trois éléments méritent d'être exigés : la liste des prompts de référence et leur fréquence de rafraîchissement, le prix de chaque brique séparément plutôt qu'un forfait global, et les KPI contractuels sur lesquels l'agence accepte d'être jugée. Ces mêmes questions permettent de comparer avec un consultant GEO indépendant ou un outil SaaS de monitoring, souvent moins coûteux mais sans l'accompagnement.

Le commentaire de Cominmag va dans le sens d'une refonte obligatoire des stratégies SEO et SEA des agences, avec de nouveaux services d'agents et d'automatisation. Pour l'acheteur, l'enjeu est de ne pas payer deux fois la même transformation : une fois en média automatisé par les plateformes, une seconde fois en honoraires d'orchestration.

Questions fréquentes

Que contient l'offre IA de Biggie décrite par Cominmag ?

Cinq briques : un audit de visibilité dans les LLM, des campagnes publicitaires utilisant les formats IA des plateformes, la création d'agents IA, une infrastructure IA facturée à l'usage et l'automatisation de workflows.

La baisse de trafic de 66 % est-elle une moyenne ?

Non. La dépêche cite des analyses selon lesquelles le trafic peut baisser jusqu'à 66 % sur certains sites. Il s'agit d'une borne haute, pas d'une moyenne sectorielle.

Comment mesurer le ROI d'une prestation GEO ?

Par des indicateurs de substitution aux clics : part de citation dans les réponses IA, mentions de marque, trafic de marque et conversions assistées, suivis à fréquence fixe.

Sources

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